Cette semaine sur mon fil Instagram, j’étais aux anges en découvrant l’un des derniers articles de la très vénérée et vénérable « British Dietetic Association » (la BDA), au sujet de l’orthorexie. Mais c’est aussi le premier TCA dont j’ai tenu à parler sur mon site parce que je suis persuadée que c’est l’un des plus pernicieux , discret et surtout l’un des plus COURANT de tous. Ravie donc de savoir qu’on avance dans sa connaissances et sa reconnaissance !
Tentative de définition
Pour les amateurs de langues dites « mortes », le préfixe « ortho- » donne déjà une bonne notion sous-jacente de « rigidité ». Ce terme vient tout simplement des mots grecques orthos signifiant « droit », « correcte », et du mot orexis signifiant « appétit ». Il s’agit d’un terme créé en 1997 par le Dr Steven Bratman, un spécialiste des troubles du comportement alimentaire reconnu par ses pairs. Un terme qui désigne plus précisément un trouble du comportement alimentaire, caractérisé par une obsession rigide ou une idée fixe de «manger sainement» par un individu. Je précise ici qu’en nomenclature des TCA (acronyme pour Troubles du Comportement Alimentaire), l’adjectif « Nervosae » pour « nerveuse » ou « mentale », (comme pour « la Boulimie Nerveuse » ou « l’Anorexie Nerveuse »), est ajouté pour distinguer ces troubles d’origines mentales, des mêmes troubles secondaires à d’autres causes physiopathologiques ou pharmacologiques.
Comme dans tous les autres troubles du comportement alimentaire, dans l’ON, les notions de contrôle cognitif d’un besoin aussi naturel, indispensable et d’aussi physiologique que l’acte de se nourrir, une mauvaise estime de soi, des troubles de l’image corporelle, des angoisses de pertes de contrôle et des traumas déclencheurs de dissociation mentale, sont centraux. L’orthorexie nerveuse semble cependant se caractériser par un trouble obsessionnel ainsi qu’une rigidité cognitive principalement axés sur la qualité et moins la quantité des aliments, comme le sont d’avantage la boulimie ou l’anorexie.
Selon les professionnels de santé recevant ce profil de patients (médecins, diététiciens et psychologues), et ayant clairement observé l’augmentation de ce trouble ces dernières années, l’orthorexie se singularise des autres troubles cognitifs du comportement alimentaire du même genre par le fait que la personne concernée éprouve :
✅ le besoin indéfectible de modifier sensiblement ses habitudes alimentaires (et tout ce qui en découle, notamment les achats alimentaires et les repas pris en famille/amis),
✅ en faisant un tri rigide et systématique entre des aliments qu’elle auto-détermine comme «bons» ou «mauvais»,
✅ sans observer nécessairement une quelconque modification pondérale dans les premiers temps,
✅ le tout sur base de repères personnels ou de régimes restrictifs sans fondements scientifiques, ni justifications pathologiques objectivées médicalement.
Ils relèvent aussi que les patients concernés par ce trouble, présentent des opinions inflexibles, de fortes attentes de leur alimentation et accordent beaucoup d’importance au fait de s’en tenir strictement à leur vision personnelle de ce que devrait être une « alimentation saine ». La BDA note dans son article le caractère d’évitement de tout aliment « non naturel« , « traité« , ou dont les propriétés « bénéfiques » sont supposées avoir été altérées par un quelconque procédé humain. L’extrémisme du comportement de certains influenceurs concernés par ce trouble et s’exprimant sur les réseaux sociaux, ont désormais fait même naître les néologismes de « nutri-térrorisme » ou de « nutri-terroristes » !
Malgré que ce TCA ne soit pas encore inclu officiellement dans la nomenclature CIM, ni dans celle du DSM en tant que tel, en pratique, l’orthorexie est néanmoins déjà reconnue et considérée par les professionnels de santé comme un trouble du comportement alimentaire à part entière. Le constat de son importance croissante dans la population et de son caractère obsessionnel accordé à l’alimentation, y apportent pleinement crédits. Des retentissements négatifs tant sur le plan physique et mental que sur le plan social (selon la définition complète et tridimensionnelle de la santé par l’OMS), sont bien constatés. Et même si il n’existe actuellement encore aucun réel consensus clinique dans la littérature scientifique, principalement par manque d’études en suffisance, l’ON s’apparente largement à une variante de l’anorexie nerveuse, notamment par ses mécanismes de contrôle cognitif particulier des ingestats, et par le caractère obsessionnelle d’atteindre une apparence physique auto-déterminée comme « plus saine et idéale ». Si tu traîne un peu sur Instagram (et globalement sur tous les réseaux sociaux), c’est une apparence et des pratiques généralement « sur-tagguées » des anglicismes « healthy », « clean eating » ou encore « fit »; des termes et étiquettes actuellement 100% marketing et largement galvaudées quand elles ne sont pas carrément vides de sens. Mais nous pouvons toutefois considérer que l’ON est déjà intrinsèquement reprise dans la dernière édition du DSM-5 paru en 2013, sous la nomenclature d’ « ARFID » pour « Avoidant and Restrictive Food Intake Disorder », tout simplement dans sa dimension d’évitement des alimentents étiquetés par le patient comme « non-healthy ».
Pourquoi parle-t-on d’avantage d’ON ces dernières années ?
La BDA déclare sur son site que les cas d’ON observés et rapportés par les professionnels de santé sont en constante augmentation. Ce qui pose des problèmes concrets, puisque ces patients présentent un tableau symptomatique sensiblement différent de celui habituellement associé à la boulimie ou à l’anorexie nerveuse, sans pour autant que leurs professionnels de santé ne disposent de grilles diagnostiques claires puisque nous sommes bien face à un nouveau type de trouble de l’alimentation en cours d’identification, d’officialisation et de consensus international. Pourtant, une nomenclature différentielle et un consensus clairs de la part des experts et sociétés savantes nous seraient d’une utilité aussi précieuse qu’urgente pour pouvoir gérer ces situations complexes de façon précoce et pertinente, et être ainsi plus efficaces en tant que professionnels de santé, en matière de sensibilisation, de prévention et de thérapie pour ce nouveau TCA.
On constate que ce trouble est de plus en plus abordé dans les médias mainstream, certainement en corrélation directe avec le développement croissant de l’Orthorexie Nerveuse dans la population. Les spécialistes des sciences anthropologiques, sociales et psychologiques pensent que ce phénomène aurait été largement encouragé et popularisé ces dernières années, avec l’essors considérable des réseaux sociaux… La BDA nous parle même d’un fait divers ayant particulièrement marqué les médias anglo-saxons lorsqu’en 2014, une « influenceuse » dont l’activité était consacrée à l’alimentation végétalienne, a eu l’honnêteté de révéler à ses plus de 70 000 followers, que son « souci de manger sainement » était devenu une réelle obsession pathologique. Ayant rendu publique son diagnostique clinique de « trouble du comportement alimentaire » (TCA) et l’état de malnutrition dans lequel ses obsessions alimentaires l’avaient mise, cette personnalité publique a littéralement offert une tribune médiatique inespérée au problème de l’Orthorexie Nerveuse, jusque là cantonnée aux consultations multidisciplinaires spécialisées en TCA.
Diagnostic différentiel et risques de confusion
Attention de ne pas confondre l’Orthorexie Nerveuse avec :
- le simple souci de chercher à avoir un mode de vie plus sain, en cherchant notamment à améliorer certains aspects de son alimentation, dans ces cas là, la personne n’est pas rigide sur son alimentation au point de refuser de manger des plats quelconques et ne s’isole pas socialement pour éviter ces situations, manger des plats ou aliments de basse qualité nutritionnelle ne provoque pas de stress ni de culpabilité.
- d’autres TCA (particulièrement avec l’Anorexie Nerveuse), l’Anorexie Nerveuse étant d’avantage focus sue les quantités et le décompte précis de de calories.
- ou encore avec le fait de faire ou d’avoir fait de la nutrition sa profession, quoi que… (cet aspect étant un sujet particulièrement intéressant, brûlant, voire carrément autocritique, j’ai préféré le traiter ici ).
Quelle est sa prévalence et quelles sont les populations à risques de développer un tel trouble ?
- Comme pour les autres TCA, l’ON toucherait davantage les populations de pays riches et industrialisés. En cause, le fait tout simple que ces populations par rapport à celles de pays plus pauvres, soient d’avantage exposées à une surabondance qualitative et quantitative de produits alimentaires; mais aussi surexposées aux conseils, modes, régimes, injonctions et théories alimentaires hygiénistes de tous bords, omniprésents dans les médias de ces pays.
- Aussi d’avantage concernés par ce trouble : les métiers liés directement aux apparences et/ou aux performances physiques, comme les mannequins de l’industrie du prêt-à-porté et de la haute-couture, les stars de l’audiovisuel, ceux des médias et des réseaux sociaux (les « influenceurs »), les athlètes de plus ou moins haut niveau et les grands amateurs de sport : tous toujours très soucieux/dépendants de l’impact de leur image, de leur alimentation et de leurs performances physiques sur leur réussite professionnelle et leur estime de soi. Ils seraient donc sans grande surprise davantage susceptibles de développer une orthorexie nerveuse et autres troubles du comportement alimentaire.
- Moins attendu mais très intéressant pour la diététicienne que je suis, les équipes de recherche ont étudié la propension de certains de ces « profiles orthorexiques » à se diriger vers des études de Diététique et plus globalement vers des cursus liés à la santé humaine.
L’ON étant un TCA en cours de reconnaissance et de validation scientifique, il est dès lors très difficile (pour ne pas dire impossible) d’avoir une idée solide, claire et précise de sa prévalence; mais il semblerait toutefois que ce trouble concernerait d’avantage une population jeune, féminine. En particulier celles suivant déjà des régimes alimentaires restrictifs d’évictions diverses sans justification pathologique, comme les modes actuelles d’éviction du gluten ou des produits laitiers, ou encore celles suivant des régimes populaires (paléo, cétogènes, atkins, hyperprotéinés, végétaliens, végétariens, et jeûnes divers). Attention, cela ne veut absolument pas dire que l’ON ne touche pas d’autres populations de tout âge, couleur ou genre; mais bien que la population jeûne, féminine et plutôt blanche est pour l’heure la plus « diagnostiquée » (accès aux soins de santé mentale, vision ethnocentrique des caractéristiques…). Cela dit, en rattachant par défaut l’ON aux « ARFID » (nomenclature diagnostique du DSM-5 désignant pour rappel des comportements d’évitements et de restrictions des prises alimentaires), on peut retrouver dans la littérature quelques chiffres allant de 0,3 à 22% de la population générale… YUP ! T’as bien lu ! VINGT-DEUX POUR-CENT de la population générale ! En même temps en lisant ce dossier, tu dois certainement déjà en avoir comme moi, reconnu au moins un ou deux dans ton entourage familial, professionnel ou amical, non ?
Si toi aussi ça te stress ou te fait culpabiliser de manger des aliments « de basse qualité nutritionnelle », QUE TU VIS AVEC LA PEUR QUOTIDIENNE « DE PERDRE LE CONTRÔLE » EN ÉCOUTANT TES ENVIES, QUE TU ES PERSUADÉ.E QUE TU ES « ENCORE ET TOUJOURS TROP GROS.SE », ALORS consulte un.e diététicienne compétente.e, de préférence non-orthorexique ni bigorexique ET QUI TRAVAILLE AVEC UNE ÉQUIPE PLURIDISCIPLINAIRE SPÉCIALISÉE DANS LES T.C.A. !
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Alors avec tout ça, QUID des critères diagnostiques ?
Dans une revue de la littérature datant de 2016, concernant les critères diagnostiques de l’ON, Bratman (père de cette nouvelle identification de TCA), et ses associés observent ceci :
- Une alimentation saine peut devenir pathologique, entraînant malnutrition ou altération.
- La littérature dans ce domaine est dominée par les études européennes de prévalence.
- Il y a une variation atypique de ces taux de prévalence (allant de 6 à 89%), certainement due à un manque de consensus sur les instruments et les critères diagnostiques.
- L’orthorexie nerveuse est probablement distincte des troubles d’évitement / restriction alimentaire (ARFID).
- Les critères de diagnostic proposés font actuellement encore l’objet de recherches.
Dès lors, voici les critères diagnostiques retenus et proposés par Bratman et al. pour ce nouveau TCA, dans la perspective de pouvoir l’inclure aussi vite que possible à la prochaine édition du DSM. Ils font actuellement référence à l’internationale en attendant des recherches complémentaires et suffisantes concernant la relation entre Orthorexie et Anorexie, et un consensus plus clair et « définitif ». Ils sont destinés à servir de point de départ et leurs auteurs prévoient qu’ils soient naturellement affinés et modifiés au fil du temps, en particulier en ce qui concerne les observations staturo -pondérales.
Critères A : les comportements compulsif et / ou de préoccupation mentale concernent :
- Les pratiques diététiques affirmatives et restrictives, que l’individu considère comme favorisant une santé optimale.
- La violation des règles alimentaires auto-imposées provoque une peur exagérée de la maladie, un sentiment d’impureté personnelle et / ou des sensations physiques négatives, accompagnées d’anxiété et de honte.
- Les restrictions alimentaires s’intensifient avec le temps, et peuvent induire l’élimination de groupes alimentaires entiers et intégrer progressivement des périodes de « nettoyages » (« clean eating » , « détox » , « fasting » ou « jeûnes partiels ») plus fréquentes et / ou plus sévères considérées comme purifiantes. Cette escalade conduit généralement à une perte de poids, mais le désir de perdre du poids est absent, caché ou subordonné à l’idéalisation d’une alimentation saine. En d’autres termes si une perte de poids peut s’ensuivre, elle est conceptualisée comme un aspect de la santé idéale plutôt que comme l’objectif principal.
- Les pratiques diététiques peuvent inclure l’utilisation de «compléments alimentaires» concentrés.
- L’exercice physique et/ou les images corporelles étiquetées « fit » ou « en forme » sont conceptualisées/idéalisées comme des aspects ou des indicateurs forts de bonne santé.
Critères B : les comportements compulsifs et la préoccupation mentale décrits ci-dessus, se dégradent et deviennent progressivement cliniquement observables par l’un des éléments suivants :
- Malnutrition, perte de poids sévère ou autres complications médicales dues à un régime restreint.
- Détresse de la personne ou altération due la vie sociale, scolaire ou professionnelle, secondaire à des croyances ou à des obsessions concernant l’alimentation saine.
- L’image corporelle, la valorisation, l’estime de soi, l’identité et/ou le bien-être, dépendent très fortement du respect avec lequel la personne aura suivi son régime alimentaire auto-déterminé comme « sain » (on retrouve ici toute la communication communément admise, voire promue sur les réseaux sociaux autour des termes « sheeting day » ou du « sheet meal » n’ayant aucun fondement scientifique/nutritionnel).
Bratman et al. complètent ces deux critères majeurs par ceci :
« D’autres traits sont communément associés à ON dans la littérature. Si les auteurs estiment que ces éléments ne sont pas essentiels pour poser le diagnostic, ils peuvent aider à le confirmer.
Ils y incluent donc :
- une préoccupation obsessionnelle pour le choix des aliments, la planification, l’achat, la préparation et la consommation de nourriture considérée avant tout comme source de santé plutôt que de plaisir;
- la détresse ou le dégoût à proximité d’aliments « interdits »;
- la croyance exagérée que l’inclusion ou l’élimination de certains types d’aliments peut prévenir ou guérir des maladies ou affecter le bien-être quotidien;
- des changements périodiques dans les croyances alimentaires tandis que d’autres processus persistent inchangés;
- jugement moral d’autrui basé sur des choix alimentaires;
- une distorsion de l’image corporelle autour du sentiment d ‘«impureté» physique plutôt que du poids;
- une croyance persistante que les pratiques diététiques favorisent la santé malgré les preuves de malnutrition.
Dunn, T.M & Bratman, S. (2016). Au sujet de l’orthorexie mentale : une revue de la littérature et des critères.
MERCI BRATMAN & AL. !
En 2015, Bratman, avait déjà élaboré un test d’auto-évaluation selon lequel si tu es « un.e adepte d’une alimentation saine » et que tu réponds positivement à l’une des questions suivantes, c’est que tu es proche ou que-Éducation tu es peut-être déjà en train de développer une orthorexie nerveuse, et que par conséquent tu devrais déjà envisager d’en parler avec ton médecin, ton diététicien ou ton psychologue. Cette auto-évaluation (la seule valable d’après Bratman qui pointe du doigt la floraison incontrôlable de faux tests sur le net), la voici :
✅ Je passe tellement de temps à penser, à choisir et à préparer des aliments sains que cela interfère avec d’autres dimensions de ma vie comme l’amour, la créativité, la famille, l’amitié, le travail et l’école.
✅ Lorsque je mange des aliments que je considère comme malsains, je me sens anxieux, coupable, impur, impur et / ou souillé. Même être à proximité de tels aliments me dérange et je me sens critique envers ceux qui mangent de tels aliments.
✅ Mon sentiment personnel de paix, de bonheur, de joie, de sécurité et d’estime de soi dépend excessivement de la pureté et de la justesse de ce que je mange.
✅ Parfois, je voudrais assouplir mes règles de «bonne nourriture» auto-imposées pour une occasion spéciale, comme un mariage ou un repas en famille ou entre amis, sans y parvenir.
✅ Au fil du temps, j’ai progressivement éliminé plus d’aliments et élargi ma liste de règles alimentaires afin de maintenir ou d’améliorer les bienfaits pour ma santé. Parfois, je peux prendre une théorie alimentaire existante et y ajouter d’autres règles ou croyances qui me sont personnelles.
✅ Suivre ma conception d’alimentation saine m’a fait perdre suffisamment de poids que pour que mon entourage m’en fasse la remarque , ou a provoqué d’autres signes de malnutrition tels que la perte de cheveux, des troubles de la menstruation ou des problèmes de peau.
‼️ FEUX DE WARNINGS pour mes collègues et autres lecteurs : cette auto-évaluation n’est évidemment valable qu’en l’absence de pathologie particulière nécessitant un régime alimentaire spécifique.
Mes conseils de diététicienne (non-orthorexique ni bigorexique) avec tout ça :
Si tu penses avoir un quelconque trouble ou malaise avec ton alimentation, si tu penses que tes croyances alimentaires pourraient impacter ta santé physique ou mentale, émotionnelle, ou encore tes relations sociales; si tu souhaites modifier ou améliorer d’une quelconque manière ton alimentation :
Par pitié, 🙏 ne tombe surtout pas sous l’influence de nombreux profils abusant de l’étiquette « Healthy-Fit » sur les chaînes Youtube, les sites internet, les comptes Instagram et pages Facebook etc. Les « suivis de rééquilibrage » et divers « coaching de vie » ou encore de « développement personnel » touchant de près ou de loin à ton hygiène de vie, alimentation et activité physique (et ce, y compris lorsque ces derniers se vantent de le faire dans une démarche soient-disant bienveillante voire bénévole), peuvent vraiment s’avérer être dévastateurs, quand ils ne sont pas tout simplement inutiles et coûteux… De même, une personne ayant perdu plus ou moins de poids ne peut en aucun cas prétendre te donner des conseils alimentaires à toi ou à quiconque, en faisant comme si son cas particulier était applicable au large éventail de tous les métabolismes propres à chacun et dans tous les environnements possibles et imaginables… Même en ayant exactement la même alimentation, la même taille, le même poids et la même activité physique, deux corps humains n’auront jamais la même apparence ! En surfant sur le net, je te conseille donc de ne pas perdre de vue que ces personnes non diplômées d’état, et de fait, non compétentes pour toucher à la nutrition d’autrui, sont au pire malveillantes, sont là pour leur business, et au mieux ne savent tout simplement pas de quoi elles parlent ni à quel point ce qu’elles conseillent peut ruiner la vie et la santé d’autrui.
Reste donc très vigilant et apprends à reconnaître les dangers, les pièges et arnaques à peine dissimulés derrière tous ces spots publicitaires, ventes de livres, compléments, régimes, « box » et programmes alimentaires, sans oublier les ventes pyramidales et MLM (Multi Level Marketing), gravitant autours de ton alimentation. Garde juste en tête que dans 99% des cas, TOUS ces business et ces influenceurs ne sont rien de plus que des produits commerciaux médiatiques de la « Diet Culture » (culture des régimes), la dangerosité pour la santé publique en prime ! Sans expertises, mais SURTOUT sans responsabilités légales, quelques soient les dégâts sur ta santé mentale et physique à court, moyen et/ou long terme, il te sera très difficile après coup (pour ne pas dire impossible) de porter plainte contre eux.
✊ Sache enfin que de vrais professionnels de santé diplômés d’état, bienveillants, compétents, et dont la pratique professionnelle est contrôlée et encadrée légalement, sont là pour t’aider, te suivre et t’accompagner à y voir plus clair et à maintenir sur le long terme un équilibre de vie et de santé qui TE sera tout à fait PERSONNEL et adapté. Consulte donc TOUJOURS ton médecin, ton diététicien-nutritionniste, ton psychologue ou encore ton kinésithérapeute quand il s’agit du bien inestimable et irremplaçable qu’est ta santé.
À lire aussi pas loin de ce sujet :
– Article | Les TCA ne concerneraient-ils pas d’avantage certains profils ?
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– Dossier | L’anorexie
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– Dossier | Les comportements d’évitements/de restrictions alimentaires (ARFID)
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– Dossier | Dénutrition et malnutrition
Ressources bibliographiques :
- https://www.orthorexia.com
- Revue de la littérature des critères diagnostiques proposés pour l’Orthorexie Nerveuse, Thomas M Dunn, Steven Bratman, Eating Behaviors, avril 2016.
- ARFID – Artcile Wikipédia https://en.wikipedia.org/wiki/Avoidant/restrictive_food_intake_disorder
- Orthorexia Nervosa – Article Wikipédia https://en.wikipedia.org/wiki/Orthorexia_nervosa