Article | Dix conseils de diététicienne cœliaque à ceux et celles qui viennent de recevoir leur diagnostic de cœliaquie

TU VIENS D’ÊTRE DIAGNOSTIQUÉ.E CŒLIAQUE ?

PAS DE PANIQUE ! VOICI 10 PETITS CONSEILS DE DIÉTÉTICIENNE CŒLIAQUE QUI T’AIDERONT JE L’ESPÈRE À TE METTRE EN SELLE AU PLUS VITE POUR RETIRER DÉFINITIVEMENT LE GLUTEN DE TON ALIMENTATION EN ADOPTANT DE NOUVEAUX RÉFLEXES NÉCESSAIRES À TA SANTÉ !

1. Déculpabilise & prends tes distances de la cacophonie médiatique et de ses gourous du fearmongering anti-gluten !

DÉCULPABILISE et n’en veux à PERSONNE !
Les mots d’ordre sont « ACCEPTATION » (ou résilience si tu préfère), et « NO WORRIES » ! J’avoue qu’être une personne de nature très résiliente aide pas mal dans ces cas là. Mais dis-toi juste que tu n’es pas devenu.e cœliaque juste à cause de tes habitudes alimentaires passées ou de ton hygiène de vie ! Tu descends simplement probablement du même vieil ancêtre que moi, qui devait être cœliaque sans le savoir mais qui avait aussi un tas d’autres qualités humaines au demeurant ! 😉 De même, PERSONNE n’est vraiment responsable du développement de la maladie dans l’absolu, ni ton père, ni ta mère, ni même tes grands-parents. Si la cœliaquie est « de plus en plus fréquente », c’est surtout parce que : 👉 la science a suffisamment évolué que pour nous offrir de meilleurs moyens de la dépister, 👉 l’intolérance au gluten a beaucoup été mise en avant par les médias, 👉 notre société est devenue de plus en plus stressante soumise en permanence au « fearmarketing » et à la « cacophonie médiatique » autour des sujets de nutrition, toujours très vendeurs pour les médias. Aussi dangereux que les personnes qui banalisent la consommation de gluten pour les cœliaques et qui ne comprennent rien à la cœliaquie, il y a les gourous du fearmongering anti-gluten ! D’ailleurs, tu pourrais entendre et lire, ça et là, que « si il y a de plus en plus de cœliaques, ce serait à cause du fameux glyphosate et de la transformation du blé ancien en blé moderne », je tiens à te rappeler ici qu’AUCUNE DONNÉE suffisamment probante et récente ne soutient pour l’heure cette hypothèse. Tu vas aussi certainement constater (si ce n’est pas déjà le cas) que beaucoup de personnes sur les réseaux sociaux (même si non cœliaques), tiennent à suivre un régime stricte sans gluten, considéré comme le « Satan absolu » à traquer à tous prix, et adorent verser dans « le grand complot agro-industriel », à en développer des troubles du comportement alimentaire (type orthorexie), surveillant et partageant la moindre pseudo-enquête d’investigation merdiatique au sujet d’un supposé « gluten-poison-moderne »… En perdant au passage tout esprit critique, et en occultant totalement que la grande majorité de la population (soit plus de 95%!) n’a strictement AUCUN problème physiopathologique par rapport à cette molécule; et en oubliant aussi que si nous pouvons jouir actuellement d’un tel développement de notre civilisation, c’est principalement grâce à l’industrialisation de notre alimentation, que ce soit pour le meilleur comme pour le pire ! 🤷🏻‍♀️ Tu es cœliaque, tu le sais désormais et c’est suffisant pour comprendre que tu pourras toi aussi continuer à jouir de la vie, juste un peu différemment d’avant ton diagnostic… Dans cette perspective, rien ne sert de se construire des peurs supplémentaires et des complots imaginaires qui ne feront qu’abîmer ton quotidien et ta santé mentale au lieu de t’aider à mieux gérer ta pathologie au long cours. La meilleure chose à dire parfois aux personnes qui ne comprennent pas notre pathologie et/ou qui sont à fond dans ces théories complotistes fumeuses, c’est simplement qu’on a une « allergie grave » (c’est souvent mieux compris), et que si on mange du gluten, on peut en mourir. La vie m’a que trop bien appris que ça ne sert à rien de débattre avec des fous idéologiques et des profils totalement convaincus que le gluten est toxique pour tout le monde… Pourvu que toi et moi comprennions bien que pour nous il l’est et dans quelle mesure il l’est, c’est le plus important ! 🤗

2. Entoure-toi de vrais professionnel.le.s de santé et sache t’en tenir aux bonnes sources d’information

Rejoins ton association cœliaque d’état (cf. ma liste internationale des associations de cœliaquie). L’adhésion te fournira tout ce dont tu auras besoin pour comprendre et pour commencer ton régime sans gluten. Elle pourra également répondre à d’éventuelles questions que tu te poserais encore au sujet de la maladie, te tenir au courant des dernières informations importantes à savoir sur la prise en charge de la cœliaquie par ton organisme d’assurance santé, ainsi que sur les évènements intéressants auxquels tu pourras dorénavant participer en tant que cœliaque. Pour toutes tes questions concernant la maladie, noté-les directement dans ton agenda ou ton gsm pour pouvoir les reposer à ton gastro-entérologue ou ton/ta diététicien.ne. Internet et les réseaux sociaux, c’est 90% de désinformations et de faux professionnel.le.s de santé, ne l’oublie pas ! Donc c’est pas mal pour les recettes, mais pas pour s’informer correctement sur ta pathologie ni suffisamment correctement sur le RSG.

3. Plus vite tu appliqueras correctement les consignes du RSG, plus vite tu iras mieux 😉

Débute ton régime sans gluten dès l’annonce de ton diagnostic, c’est vraiment très important. En effet, plutôt tu mettras en place de nouveaux réflexes alimentaires, plus vite tu t’y habitueras et plus vite tu auras de chance de te sentir mieux sur le plan pathologique et psychologique… Le temps de rémission peut dépendre d’une personne à l’autre, des complications, comorbidités et de l’état des dégâts de chaque individu au moment du diagnostic et de la mise en place du RSG. Mais on estime qu’en moyenne, l’intestin d’une personne cœliaque se remet à fonctionner correctement dans l’année qui suit le début du RSG, à condition que le régime soit évidemment bien respecté.

4. Commence éventuellement par des produits avec le logo « épi-barré »

Si c’est plus simple (et financièrement possible) pour toi, tu peux commencer dans un premier temps par directement acheter et remplacer des produits de première nécessité étiquetés « sans gluten » (avec le logo « épi barré », cf. mon répertoire des marques SG/GF), puis passer petit à petit à d’avantage d’aliments naturellement sans gluten, pouvant remplacer ton pain ou ton plat de pâtes habituels (cf. mon article sur les alternatives au blé naturellement sans gluten).

5. Fais-toi aider et suivre par ton équipe médicale préférée 😉

Prends un rendez-vous supplémentaire (et dorénavant régulier) avec ton médecin afin de rechercher et surveiller d’éventuelles carences en vitamines et minéraux ou d’éventuelles pathologies associées si cela n’a pas été vérifié lors du diagnostic. Il est fort probable que des compléments alimentaires te soient d’ailleurs prescrits pour tes premiers mois post-diagnostic. Les sociétés savantes recommandent un contrôle médical à 3-6 mois d’intervalle du diagnostic et de la mise en place du RSG, puis minimum un chaque année pour faire une prise de sang de contrôle des anti-corps et savoir par là-même si le RSG est bien suivi. Pour le suivi diététique, il peut être fait à des intervalles plus ou moins soutenus selon les besoins et cas particuliers de chacun… C’est le point suivant :

6. Trouve-toi un.e diététicien.ne qui connaît bien la cœliaquie et avec laquelle ou lequel le courant passe !

Prends un rendez-vous avec un.e diététicien.ne nutritionniste agréée d’état (de préférence spécialisée dans la maladie cœliaque même si il ne s’agit pas encore d’une spécialité académique dans notre cursus de diététique – en principe, nous avons tous étudié la maladie et sa prise en charge nutritionnelle durant notre Bachelier). Ce professionnel de santé deviendra ton/ta meilleur.e pote pour t’aider à décrypter les étiquettes et mettre en place ton régime d’éviction du gluten de manière safe, tout en tenant compte de tes habitudes alimentaires, de tes moyens financiers et de tes préférences alimentaires. Ton/ta diététicien.ne te permettra aussi de suivre et d’éventuellement corriger certaines « mauvaises » habitudes alimentaires et te permettra donc par la même occasion d’améliorer ton alimentation globale et d’apprendre de nouvelles recettes ! (voir mon réseaux de professionnels de santé).

7. Réorganise tes placards !

Avec l’aide de ton/ta diététicien.ne nutritionniste, réorganise ta cuisine et ton garde-manger. Ce sera l’occasion de faire du ménage de printemps, du tri HACCP, du FIFO, des dons, et puis de te rendre compte aussi qu’en principes, y’a pas mal d’aliments que tu pourras continuer de consommer ! Assure-toi surtout que tes aliments sans gluten soient clairement identifiés et identifiables, et que les autres membres de ton ménage, tes frères et sœurs (ou tes coloc), comprennent bien l’importance d’éviter tout risque de contaminer ta nourriture.

8. L’occasion aussi de diminuer sa consommation d’AUT et de revoir ton équilibre et tes habitudes alimentaires

Je l’ai déjà dit ailleurs, mais il est tout à fait possible d’avoir une alimentation sans gluten, qui soit saine, variée, équilibrée et pas nécessairement plus chère, pourvu qu’on comprenne bien les recommandations nutritionnelles générales. Au fur et à mesure que tu y vois plus clair, détache-toi donc dès que possible des aliments industriels estampillés du logo « sans gluten » (épi barré), ils sont chers et la plupart du temps ultra-transformés (AUT). Et s’ils sont certes pratiques de temps à autres, lorsqu’on est en vadrouille ou lors de certains événements sociaux, ils ne devraient pas être consommés régulièrement comme le suggèrent certaines marques et y poussent certaines associations! Entraîne-toi plutôt à reconnaître et à utiliser les aliments et recettes naturellement sans gluten, que ce soit au supermarché, chez toi, ou lorsque tu manges ailleurs, en voyage ou au restaurant (cf. ma liste d’alternatives au blé naturellement sans gluten)…

9. Recycle et acquiers de nouvelles compétences culinaires !

Si tu as quelques compétences culinaires de base, essaye d’emblée de convertir certaines de tes recettes préférées en version sans gluten en attendant de pouvoir trouver et tester de nouvelles recettes. Si besoin est, tu trouveras une mine de livres de recettes et de sites internet pouvant t’aider en ce sens, en proposant une variété très surprenante de recettes aussi bien sucrées que salées, toutes plus gourmandes les unes que les autres (cf. mon compte Instagram pour trouver de l’inspiration, ma collection de recettes GF sur Pinterest, ou encore mon répertoire de livres et blogs sans gluten). Si t’es du genre plutôt nul.le en cuisine, alors pourquoi pas y voir une occasion de s’y mettre ? Un tas de cours et d’ateliers de cuisine sont disponibles sur diverses plateformes à des prix tout à fait abordables aujourd’hui… Et puis si t’es un rien débrouillard.e, il y a toujours YouTube au pire ! 😅

10. Aide-toi et le ciel t’aidera !

Blague à part, PARLES-EN autour de toi ! Plus ton entourage comprendra ta pathologie et les enjeux de ton régime sans gluten, moins tu risqueras de contamination accidentelle ou de contaminations croisées. Au-delà de notre entourage direct, plus nous communiquerons autour de nous à propos de la maladie cœliaque, par exemple dans les restaurants, les lieux publiques, les commerces, entre amis et collègues, mieux cette pathologie sera comprise et respectée, et plus nous avons de chances de nous voir proposer des alternatives fiables et économiques. Essaye aussi de te créer tes propres petits carnets d’adresses, tes listes de courses, tes trouvailles internet, ou encore ta propre liste des sorties SG que tu programmes de faire avec tes potes, ça permet de se motiver, d’avoir des perspectives et de maintenir une vie sociale normale…


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